Vous l'avez peut-être entrevu, perdu
dans sa chemise à carreaux rouges et blancs, devant
les derniers dinosaures: "Bonjour John Mac Enroe. Heuuu...
Thierry Samitier, Cergy Pontoise. Moi la question qui m'interroge …».
Sagittaire longiligne qui maîtriserait totalement la communication
contemporaine avec un décalage à peine perceptible,
mais complè tement évident.
Thierry Samitier a d'abord été économiste dans
un centre de prévisions conjoncturelles, mais il aimait Prévert,
parfois Bénabar souvent Apollinaire. Chopin le soir.
Il écrit d'abord des chansons, des poèmes, mais cultiver
la blessure, ça le gave !
Il la transforme, la travaille, la détourne, s'en sépare
jusqu'au détachement, au sourire.
Les chansons se transforment en sketches, premiers "«One
man show" (Comédie de Paris, Théâtre Trévise,
1er prix aux Devos de l'humour, festivals de Tournon, Villars de
Lans, Rochefort, La Baule, Saint Gervais) premières vagues …légères.
Kader Aoun (auteur et metteur en scène de Jamel Debbouze)
l'impose à Canal + pendant le dernier round, de la dernière
heure de Nulle Part Ailleurs.
Dans sa chambre aux lampions rougeoyant, pas loin du Moulin Rouge,
mi bobo mi baba, il écrit ses premières comédies
: "Ta gueule, je t'aime", et "Concessions" prêt
du pont Mirabeau où coule la Loire (pardon je n'ai pas mes
lunettes).
"Ta gueule, je t'aime": Miroir décalé de l'impossibilité amoureuse,
poétisation de tous les probables, déchirements répétitifs
mais toujours hilarant.
"Concessions" : territoire de toutes les lâchetés professionnelles
masquées par une humanité réelle, évidente, toujours à cheval
entre les pièges de l'égo et la lumière de l'amour inconditionnel.
L'univers est dense et fragile, multiple et contradictoire, comme
peu l'être la vie. Le comique n'y est jamais expliqué ni
porté. Il repose sur une sincérité d'une efficacité redoutable.
Les personnages deviennent touchants par leur besoin d'approbation,
de reconnaissance, qui les rendent souvent maladroits, toujours drôles.
La poésie déchire le quotidien. Le regard est d'une
naïveté lucide, toujours vif, parfois détaché,
jamais désabusé.
Parenthèse ou vacances ? Chez Guillaume
Durand (Campus –France 2) il dresse trois portraits,
léchés eux aussi, de Sollers, Dantec et Bernadette
Chirac.
En 2004 - 2005, sa première pièce "Ta gueule,
je t'aime», saluée par la presse ( rdv page presse)
est lancée à la Comédie de Paris avec Marie-Sohna
Condé, la comédienne étoilée.
C'est dans cette énergie simple et ancrée, que frétille
sa seconde pièce au Sudden Théâtre l'année
suivante, loin des gros boulevards, des quartiers branchés,
de Nice et d'ailleurs, tout prêt du Sacré Chœur.
Ta gueule, je t'aime (éditée à l'œil
du Prince - actuellement en cours de traduction) est repris
aux cours Florent ainsi que par divers compagnies de théâtre
en France.
Concessions vient d'être sacrée meilleure comédie
au festival "Le noël de la Comédie" à Lyon.
En 2006, il écrit réalise et interprète son
premier court métrage: Hold up qui vient d'être sélectionné à :
Ciné sans filet (Limoux) - au Prix de Court à Lausanne
Suisse - Rouyn Noranda (Canada) - à DaKino (Bucarest) - au
Schwenninger Short Film Festival (Allemagne) ainsi qu'au Brooklyn
Int'l Film festival (E.U.)